Kinshasa, le 13 avril 2026
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  • 13 avril 2026
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À Kinshasa, la Banque mondiale accompagne la RDC dans l’offensive B Ready pour améliorer le climat des affaires

Dans une capitale congolaise devenue, le temps d’une semaine, laboratoire de réformes économiques, la Banque mondiale conduit, du 13 au 17 avril 2026, une mission technique consacrée au renforcement du dispositif national d’amélioration du climat des affaires. En ligne de mire : le nouveau référentiel Business Ready (B‑Ready), appelé à remplacer durablement l’ancien classement Doing Business, longtemps décrié et abandonné en 2021 par l’institution de Bretton Woods.

La mission, organisée en étroite collaboration avec le Projet TRANSFORME, figure parmi les actions structurantes visant à renforcer l’environnement entrepreneurial en République démocratique du Congo (RDC), où la prédominance de l’économie informelle, la faiblesse des services publics et l’ineffectivité des réformes continuent de peser sur l’investissement privé.

Dix thématiques, trois piliers

Pendant cinq jours, des ateliers thématiques se succèdent à Kinshasa, réunissant responsables ministériels, experts techniques, points focaux sectoriels et groupes de travail interinstitutionnels. L’ambition affichée était double : renforcer les capacités nationales autour de la méthodologie B‑Ready et accompagner les autorités congolaises dans l’identification de réformes rapides, dites quick wins, susceptibles d’améliorer concrètement la performance du pays dans la prochaine évaluation prévue pour décembre 2026.

Le programme s’articule autour de dix thématiques, analysées à raison de deux par jour. Pour chacune d’elles, les participants ont procédé à une lecture détaillée des trois piliers structurants du B‑Ready : la qualité du cadre réglementaire, la qualité des services publics destinés aux entreprises et l’efficacité opérationnelle dans la mise en œuvre des règles sur le terrain. Cette approche, présentée comme plus exigeante que celle du Doing Business, vise à mesurer non seulement les textes, mais aussi leur application effective.

ANAPI et Cellule Climat des Affaires en première ligne

Au cœur de cette séquence technique : l’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI) et la Cellule Climat des Affaires (CCA), structure stratégique rattachée à la Présidence de la République. Créée par ordonnance présidentielle en 2020, la CCA est chargée de piloter, de coordonner et de suivre les réformes du climat des affaires, en lien avec les partenaires techniques et financiers.

La mission de la Banque mondiale s’attache à accompagner ces deux institutions dans l’élaboration d’une feuille de route spécifique B‑Ready, appelée à coexister avec la feuille de route générale des réformes du climat des affaires déjà validée sous l’égide du gouvernement congolais. L’objectif : mieux hiérarchiser les actions prioritaires, renforcer la traçabilité des réformes et améliorer la production de données, souvent point faible des administrations nationales.

Un signal adressé aux investisseurs

Pour les autorités congolaises, l’enjeu dépasse largement la notation internationale. Après des décennies d’instabilité réglementaire et d’incertitude administrative, l’exécutif cherche à envoyer un signal de crédibilité aux investisseurs nationaux et étrangers, à un moment où la RDC entend diversifier son économie au‑delà du secteur minier.

Le rapport Business Ready 2025 a mis en lumière des progrès limités mais réels dans le cadre réglementaire, tout en soulignant les faiblesses persistantes des services publics et de l’efficacité administrative. Des scores qui ont conduit le gouvernement à accélérer le calendrier des réformes, en misant sur des actions ciblées et mesurables à court terme.

TRANSFORME, levier technique et politique

Si la mission s’inscrit dans le programme global de la Banque mondiale, elle bénéficie également de l’appui logistique et institutionnel du Projet TRANSFORME, projet phare de l’IDA en RDC, consacré à l’autonomisation des femmes entrepreneures et à la mise à niveau des petites et moyennes entreprises.

En toile de fond, une conviction partagée par les partenaires internationaux : la réussite des politiques de soutien à l’entrepreneuriat — en particulier féminin — dépend étroitement de la qualité de l’environnement des affaires. Il ne suffit pas de financer les PME ; encore faut‑il que les règles du jeu soient lisibles, appliquées et accessibles.

À Kinshasa, la semaine technique B‑Ready ne mobilise pas seulement des tableaux d’indicateurs. Elle cristallise aussi une bataille plus large : celle de la crédibilité de l’action publique congolaise face aux standards internationaux, dans un pays où l’écart entre les textes et la réalité demeure l’un des principaux défis du développement économique.

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